Réduire son empreinte écologique en voyage

By Tom de Dorlodot on 01/03/2018 in Site Web, Voyage, Voyages et aventures
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Tom de Dorlodot, parapentiste et aventurier, nous livre quelques conseils et raconte un de ses voyages pendant lequel il a réduit au maximum son empreinte écologique. 

Comment voyager « eco-friendly » ?

Avant de partir :

  • Choisissez votre destination, celle-ci ne doit pas être toujours lointaine. La Belgique et l’Europe ont beaucoup de belles choses à nous offrir.
  • Choisissez bien votre moyen de transport. L’avion est le plus polluant (surtout s’il n’est pas direct car la phase de décollage consomme beaucoup). Il faut privilégier le bus, la voiture (partagée idéalement) ou le train. On peut aussi partir à pied, en vélo, à cheval même ;-). Il vaut mieux éviter les vacances croisières en ferry qui s’avèrent très polluantes.
    Lisez à ce sujet  l’article : Compenser l’émission carbone de votre voyage
  • TenteLimitez vos bagages : nous partons souvent avec un superflu de bagages, tous ces kilos doivent être transportés, …
  • Privilégiez l’achat (ou l’emprunt) de matériel de qualité (matériel de camping, vêtements) qui durera longtemps plutôt que du matériel peu coûteux mais qui terminera vite à la décharge.

Pendant le voyage :

  •  Privilégiez les transports en commun : non seulement l’empreinte écologique sera répartie entre les passagers, mais en en plus, c’est souvent une belle manière de se mêler à la vie locale.
  • Soyez économe en énergie : limitez la consommation de l’eau, de chauffage et d’électricité. Demandez à l’hôtel de ne pas changer les draps ou les serviettes tous les jours.
  • Évitez le plastique : acheter une gourde et évitez d’acheter des bouteilles à usage unique.
  • Évitez les activités sportives polluantes comme le jet ski, le quad, le ski nautique … Bref, tout ce qui concerne les sports dits « moteurs ». Privilégiez les sports plus propres : la randonnée, le vélo, etc.
  • Privilégiez les producteurs locaux et consommez des aliments de saison. Ne consommez pas des espèces en voie d’extinction. Pour les poissons, vous trouverez la liste ici
    Producteur local

    © John Stapels

     

  • Choisissez des produits respectueux de l’environnement (certaines crèmes solaires peuvent être très nocives pour la vie sous-marine, et il en va de même pour certains savons).
  • Ne laissez aucune trace de votre passage : emportez vos déchets avec vous.
  • Privilégiez les logements ruraux, les gîtes chez l’habitant, à la ferme ou les éco-lodges et les hôtels qui s’engagent en matière de respect de l’environnement.

Après le voyage :

  • Un voyage 100% vert n’existe pas. Néanmoins, certains sites vous aident à calculer votre impact en CO2 et qui vous proposent de « neutraliser » vos émissions en investissant quelques euros dans des initiatives intelligentes qui se veulent bonnes pour l’environnement. Le site www.greentripper.org est un super exemple !

Le challenge et le cas vécu par Tom de Dorlodot :

Traverser les Pyrénées le plus “eco-friendly” possible

Randonnée bouteille plastic

Fini de voyager sans faire attention

Ces dix dernières années, j’ai eu la chance de beaucoup bourlinguer. Je ne compte plus les avions que j’ai pris et les longs trajets que j’ai faits, seul dans ma voiture, les kiwis de Nouvelle-Zélande mangés en Suède et les bouteilles en plastique achetées partout en chemin. Je dois le reconnaitre : je n’ai pas toujours fait assez attention à mon impact écologique.

Limiter son empreinte écologique

Il y a quelques années, quelqu’un m’a interpellé à ce sujet lors d’une conférence, avec un commentaire moralisateur concernant l’impact CO2 de mon dernier voyage en avion jusqu’en Polynésie … Il n’avait pas tout à fait tort. Je me suis posé cette question : « Comment partir à l’aventure, faire un truc inoubliable, en limitant un maximum mon impact ? ». Du coup, j’ai voulu tenter un trip ambitieux, pas trop loin de la maison, à la fois dépaysant et difficile physiquement parce que les challenges ça me plait !

La traversée des Pyrénées

J’aime la montagne. Du coup, je me suis lancé un défi de taille : traverser la chaîne des Pyrénées de la côte Atlantique à la Méditerranée ; 440 kilomètres à pied et en parapente, en solitaire et en portant mon matériel, du phare de Hondarribia au phare du Cap de Creus. L’idée était de limiter mon impact au maximum et de ne laisser aucune trace après mon passage.

Je suis sorti de la maison, mon parapente sur le dos, j’ai marché jusqu’à la route et j’ai quitté mon village en auto stop. Ca aurait été plus simple et plus rapide de prendre un avion, mais à posteriori c’était vraiment une belle expérience. En plus, le bus ou la voiture sont trois à sept fois moins polluant que l’avion en CO2 … J’ai fait de chouettes rencontres et ça s’est avéré vraiment bon marché (j’ai offert quelques cafés et du délicieux chocolat belge aux conducteurs qui refusaient systématiquement ma participation aux frais). Blablacar n’existait pas encore mais maintenant c’est un concept que j’utilise souvent. (car sharing, e.a. : www.blablacar.be)

Covoiturage et produits locaux

Je voyageais depuis deux jours lorsque Yann, un Hollandais en voyage, m’a déposé avec sa moto sur la plage de Hondarribia, sur la côte basque espagnole. Il ne faut pas toujours aller loin pour être dépaysé. Le coin était superbe ! J’avais quelques euros en poche et je savais qu’il fallait que je fasse attention à mes dépenses. Je suis allé acheter quelques fruits au marché, un morceau de fromage et une bonne baguette. C’était la saison des groseilles. Ca tombe bien, j’adore ça !

Voyager léger

J’avais bien préparé mon trip et analysé ma route. Je suis parti extrêmement léger. Une bonne paire de chaussure, un petit GPS, un couteau Suisse, une lampe de poche, quelques vêtements et un peu de savon bio. Mon but c’était de voyager simplement et faire de belles rencontres en chemin. L’idée c’était de dormir chez l’habitant ou dans la nature, roulé en boule dans mon parapente. Le premier soir, alors que je traversais un petit hameau, j’ai ouvert la conversation avec un gars qui arrosait ses plantes devant sa maison. Luis venait de rentrer d’un trip dans le Sud de la France en camping-car. Souvent, les voyageurs sont solidaires … Amusé par mon projet, il m’a vite proposé de dormir chez lui.

L’eau de source

eau de source

© Nicolas Assael

Le lendemain matin, Sergio, le fils de Luis m’a donné un filon génial : les coordonnées GPS de toutes les sources d’eau potable des Pyrénées, qu’il avait utilisées en faisant le pèlerinage de Saint -Jacques de Compostelle au début de l’été. Je les ai rentrées dans mon Garmin et ça m’a permis de remplir mon camel-bag avec de l’eau de source presque tous les jours. En plus d’être meilleure que celle du robinet, j’ai pu éviter d’acheter des bouteilles en plastique.

Loger chez l’habitant

Le quatrième jour, après un long vol difficile et turbulent, j’ai atterri dans un village perdu en altitude. Donatien et Aurélie, un couple de bergers français, m’ont accueilli et on a refait le monde autour d’un bon poêle à bois et d’un bol de soupe d’orties. Le lendemain, je les ai aidés à compter leur cheptel et ils m’ont offert un fromage d’un autre monde. Ils m’ont vraiment touché par leur style de vie simple. Je serais bien resté. Depuis lors, j’essaie d’acheter des produits locaux partout où je vais pour soutenir les petits producteurs.

La randonnée et le parapente : une empreinte écologique minimale

Parapente

© John Stapels

Mon concept fonctionnait bien, je montais à pied en montagne le matin pour trouver un endroit pour décoller en parapente et dès que les vautours étaient en l’air je les rejoignais pour monter avec eux dans les ascendances et parcourir le plus de distance possible. Le sixième jour, un vol d’anthologie m’a fait passer à côté du parc National du Mont Perdu en vol à plus de 4000 mètres d’altitude. Quelle sensation incroyable de parcourir plus de 100 kilomètres sur une journée juste à l’aide du vent ! J’ai toujours préféré les sports non motorisés et après réflexion je pense que c’est aussi une bonne chose pour l’environnement.

Je suis arrivé, éreinté après 13 jours de traversée au Cap de Creus. Je crois pouvoir dire que c’était l’une de mes plus belles aventures. Il ne faut pas toujours aller au bout du monde pour vivre des expériences inoubliables.

Je suis rentré à la maison en train et en bus. J’étais tellement fatigué que j’ai dormi tout le trajet …

Bon voyage à tous et à bientôt,

Tom.

Lisez les autres conseils et suivez les aventures de Tom dans notre dossier « Voyage et aventures »

Photo couverture © Nicolas Assael
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Athlète & entrepreneur. Job : aventurier, pilote de parapente et de paramoteur. Leader de l’équipe SEARCH Projects. Études : Baccalauréat encommunication et master en photographie & cinéma. Parcours : Expéditions et vols-bivouac en parapente et paramoteur dans plus de 40 pays (Pakistan, Mali,Pérou, Polynésie française…). 5 participations au Red Bull X-Alps (une des courses d’aventure les plus exigeantes au monde).Création du projet Lotto Young Adventurers (2015) et de Search Projects (2011), qui est un hub d’experts liés au monde de l’aventure.

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