Traversée de l’Iran : histoire et hospitalité

Voici le troisième article de nos Sixglobetruckers. Dans leur périple qui les mène de Bruxelles à la Nouvelle-Zélande, les voici arrivés aux portes de l’Iran. 
Découvrez ci-dessous la suite de leur aventure.

La Cappadoce : pays des habitats troglodytes

Iran1Nous vous avions laissé aux portes de la Cappadoce qui nous a retenu quelques jours. Les enfants ont joué aux explorateurs en cherchant d’anciennes églises à fresques dans les habitations troglodytes qui parsèment les vallées. Moment fort lorsque nous avons vu décoller 80 montgolfières depuis l’endroit où nous étions garés !

Hammans et bains chauds

Nous avons également profité des sources chaudes de la région pour se tremper dans une eau à 35 degrés… Dans les thermes des Balkans comme dans les hammams de Turquie les lieux sont mixtes, outre nos douches furtives et froides dans le camion, nous avons donc pu prendre quelques vrais bains chauds en famille.

La Turquie orientale

Partir vers l’est de la Turquie relève déjà de l’aventure… 20 pages sur 500 y sont consacrées dans notre guide. Et encore, nous avons écarté du trajet le mont Nemrut trop près de la Syrie à notre goût. Nous y avons surtout découvert les paysages qu’offrent la traversée du grand plateau Anatolien et les quelques constructions Seldjoukides qui se trouvent près de la frontière Iranienne. A quelques kilomètres de celle-ci nous avons repéré, au travers d’une vitrine, quelques ouvriers en train de repeindre un taxi en jaune. Sans trop négocier nous avons obtenu qu’ils repeignent la cabine avant, (kaki elle rappelait encore trop son histoire militaire) pour un prix incomparable aux devis effectués jusqu’alors. Sans compter que pendant que ces messieurs travaillaient, leurs femmes nous invitaient à diner et petit déjeuner… et nous ont promené dans le bazar local !

Se préparer pour entrer en Iran

Notre Check-list

  • Passeports et visas (pas difficile à obtenir, un peu long mais ça s’améliore d’année en année)
  • « Carnet de passage » pour le Truck
  • Permis internationaux
  • Applications pour contourner la censure web (VPN) à télécharger avant de rentrer dans le pays (comme font tous les Iraniens)
  • Autant d’argent qu’il nous faudra en Iran en euros ou dollars (absolument impossible de retirer de l’argent dans le pays avec une carte autre que nationale).
  • Tenue vestimentaire légale (couleurs sobres et unies pour les habits, vêtements larges, « tunique » qui tombe mi-cuisses, chevilles couvertes, manches à mi-bras, évidemment pas de décolleté, et le voile).
  • Itinéraire précis à donner à la frontière (les douaniers ont finalement à peine demandé le point d’entrée et le point de sortie)
  • Vider l’alcool (ils fouillent le véhicule)
  • Veiller à arriver les réservoirs d’essence vides (de l’autre côté c’est vraiment donné : 0,13 euros le litre !)

Premiers kilomètres en Iran

IranNous avons passé la frontière sans encombres en quelques heures… auxquelles il faut encore ajouter quelques heures pour prendre une assurance locale pour le camion ainsi qu’une carte Sim locale (fiches à remplir, laisser ses empreintes digitales et le nom de son père !). Ainsi parés nous avons commencé par longer la frontière avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan au nord. Magnifique vallée de l’Arras dans laquelle on rencontre des éleveurs de ver à soie, des villageois vivant encore comme il y a cent ans, des apiculteurs et les rizières qui fournissent le si délicieux riz iranien.

Rencontre festive

Nous avons été voir le lac asséché par le sel d’Orumyeh et goûté à la pastèque jaune dont c’était la saison. Quittant la province Azeri nous avons rejoint la province Kurde… concentration anormale de voitures sur le bord de la route, hommes en costumes traditionnels, femmes apprêtées… on s’arrête pour demander ce qui se passe, immédiatement on nous tend un plat et on nous invite : mariage !

Mariage Iran

Nous sommes repartis au bout de quelques heures laissant derrière nous les danses traditionnelles et sans que la mariée ne soit apparue (elle ne se présente qu’en comité restreint de femmes en toute fin de cérémonie) !

Qazvin

Dernière halte avant la capitale dans la ville de Qazvin où nous avons rencontré tour à tour : le gardien d’un parc qui a tenu à nous faire visiter la ville et donné plusieurs de ses livres vantant les mérites de l’Iran, une femme très pieuse qui nous a offert des pâtisseries et fière de nous ouvrir la porte d’une classe maternelle où les petites filles voilées récitaient le coran d’un côté tandis que les garçons se trouvaient de l’autre, deux étudiants en anglais qui tout en nous montrant le bazar local nous ont expliqué comment fonctionnait la milice quant à l’habillement des femmes et leur soif de compléter leurs études par des doctorats à l’étranger.

Téhéran

Téhéran est réputée pour être une ville embouteillée et polluée… sans prendre de risques nous avons donc contourné la ville pour nous garer dans le sud, dans l’immense parc réservé au mausolée de l’Ayatollah Khomeiny. Deux mollahs en pèlerinage se sont amusés à visiter le camion et nous ont offert leur petit chapelet de prière.
Première visite pour nous : l’ambassade du Turkménistan où nous avons appris que nos visas ont été acceptés !
Puis nous avons visité les palais des Shahs et leur impressionnante collection de bijoux. En route vers le sud nous nous sommes arrêtés à Kashan, ville pleine de charme qui compte quelques belles maisons anciennes, un bazar agréable et qui produit de l’eau de rose. Arrêtés le long d’un parc on s’installe pour un pique-nique – comme font tous les iraniens qui pique-niquent en nombre tout le temps et partout – dix minutes et la famille d’à côté nous apporte un plat. On remercie discute un peu…ils ne tardent pas à nous inviter chez eux pour dormir et prendre une bonne douche. Nous sommes finalement restés deux jours dans cette famille qui sert du thé à la cardamome au petit déjeuner et qui possède Mina, un oiseau qui dit près de 1000 mots !

Lieux d’histoire et de religion

Iran 2Nous arrivons de nuit à Ispahan pour y découvrir la 2ème plus grande place du monde… Dans cette ville calme nous avons effectué quelques visites, goûté au poulet à la grenade et les enfants ont largement profité des nombreuses fontaines ! Puis nous sommes arrivés à Persepolis, visite tant attendue des enfants qui ont été très impressionnés et qui en ont profité pour se mettre à jour en histoire Antique. La ville a finalement été brulée par Alexandre le Grand qui a emporté le trésor à l’aide de 3.000 chameaux… ! Dernière des grandes villes mythiques de la route du sud : Shiraz, ville des poètes et des érudits. Quelques beaux palais s’y trouvent ainsi que la tombe du poète adulé des Iraniens : Hafez, le lieu ne désencombre pas de touristes locaux qui récitent des strophes une main posée sur le cercueil de marbre blanc gravé de vers.

Une communication pas toujours aisée

Dans ces quelques villes plus touristiques nous avons de temps à autres croisé des groupes de Français sur lesquels les enfants se jetaient pour échanger quelques mots dans leur langue ! Le niveau d’anglais en Iran est très faible, ceux qui le parlent abordent sans cesse les touristes pour avoir l’occasion d’une conversation. Nous avons souvent utilisé Google Traduction, avec le clavier téléchargé en Farsi et le mode vocal (nous avons aussi régulièrement croisé des personnes illettrées) pour avoir de basiques conversations. Mais l’application était inutilisable hors des grandes villes où le réseau internet n’est pas développé.
Au sujet d’internet notre VPN n’a pas suffit à passer outre le filtre appliqué à Overblog qui héberge notre blog de voyage… impossible donc de le mettre à jour depuis l’Iran.
Dans ces villes nous avons pu trouver des places de parking en rue assez facilement, souvent près de parcs ou des centres, et l’eau est potable presque partout, la recharge de nos jerricans n’est donc pas un problème. En revanche nous avons commencé à acheter régulièrement de l’eau en bouteille pour l’avoir bien fraiche.

Nature et coup de chaleur

En faisant un rapide calcul temps restant – kilomètres nous vérifions que nous avons la possibilité de faire un crochet vers l’île de Qeshm dans le golfe persique. L’ile est réputée pour sa nature préservée et nous avons vu y naitre des tortues ! De retour à Bandar Abbas nous avons souffert de la chaleur humide étouffante (45° d’humidité), seul endroit où nous avons fait l’entorse au travail scolaire quotidien : impossible de travailler avec cette canicule ! Nous nous sommes enfuis pour rejoindre Maymand, un village troglodyte dans lequel nous avons vécu deux jours avec les nomades qui y vivent l’hiver et qui s’installent dans les pâtures avoisinantes au printemps.

Traversée du désert

Iran 3Halte dans la ville ocre de Yazd pour demander l’extension de nos visas (aucune difficulté pour 30j supplémentaires), et préparer la traversée du désert. En une journée nous avons fait une révision du camion, racheté des gigas, fait les courses, le plein en eau et essence, changé des dollars en rials, et chargé un gros bloc de glace dans une glacière (comme les camionneurs iraniens qui s’approvisionnent en bord de route) – ce système tient l’eau à boire bien fraiche pendant 24h.

Après quelques heures de route dans un paysage lunaire nous avons fait halte dans une oasis, le propriétaire nous a emmené avec son fils… à la plage ! Un lac formé quelques mois par an à l’aide d’un barrage permet aux habitants de se baigner et de prendre un bain d’argile bienfaisant pour la peau ! Avec les quelques jours qui nous restent nous allons rejoindre Mashad, une ville « sainte » en Iran qui attire nombre de pèlerins éplorés sur la tombe d’un important Imam Shiite.

Iran, pays de l’hospitalité

Ce pays se caractérise par son hospitalité, on nous invite très régulièrement, les Iraniens font parfois la file pour nous parler. On nous arrête pour nous offrir 2 melons, une pastèque, 1 kg d’abricots, des œufs, du pain, des objets… Beaucoup voyagent dans tout l’Iran mais peu voyagent à l’étranger, ceux qui viennent à eux sont donc des opportunités pour découvrir le monde… Les Iraniens adorent les touristes et sont infiniment curieux de nos manières de vivre et de ce qu’on pense de leur pays. La question qu’on nous a posé le plus souvent est sans conteste : « Que pensez-vous de l’Iran ? »

A suivre…

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